Extrait du Bulletin de la Fédération Nationale UNSA Banques Assurances et Sociétés financières
Extrait du Bulletin de la Fédération Nationale UNSA Banques Assurances et Sociétés financières
page1 N° 91 Mai 2008 U N S A
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Esprit tordu, lettre floue M. Xavier Bertrand, ministre en charge de la réforme du dialogue social a annoncé qu’il mettrait en oeuvre la « position commune » (MEDEF CGT CFDT) à la fois en respectant la lettre et l’esprit. Encore faut-il que l’esprit soit clair et non tordu et la lettre limpide et non floue.
La position commune est un texte qui peut être interprété de plusieurs façons, soit le but est d’ouvrir à d’autres qu’aux cinq la représentativité nationale, soit il est de fermer les portes aux nouveaux postulants.
L’article 1 qui définit les critères de représentativité des organisations syndicales ne dit pas s’ils s’appliqueront sur le plan national ou au niveau des entreprises.
Dans le premier cas, nous pourrions éventuellement être représentatifs nationalement, dans le second, l’UNSA resterait dans la situation actuelle avec des critères (deux ans d’ancienneté et critères cumulables) plus contraignants.
L’article 2 pose des seuils, 10 % dans l’entreprise, 8 % dans les branches et nationalement, ainsi que l’obligation d’être présents dans des branches de l’industrie, de la construction, des com- merces et des services d’une manière « équilibrée territorialement ».
Autant dire qu’il faut être présent partout dans les branches en implantation géographique. Ne traverseront le tamis serré que la CGT, la CFDT, peut- être FO et cela « juste juste ».
Cette position commune est la garantie pour les cinq de vivre encore quatre ans, puis les trois plus petites confédérations disparaîtront du champ de la représentativité nationale.
Le summum de la mauvaise foi réside dans l’affirmation que la position commune a été adoptée par deux confédérations majoritaires en voix. De quelle majorité parlez-vous M. Bertrand ? De l’absolue ou de la relative ? L’addition des résultats électoraux de la CGT et de la CFDT donne des résultats contrastés.
Rappelons que l’une et l’autre refusent les élections prud’homales comme critère électoral. Elles ne retiennent que les résultats d’entreprises.
Or, aux prud’homales 2002, elles cumulaient ensemble 57,38 % des voix. Mais l’addition des résultats électoraux des entreprises (Cf DARES, Ministère du Travail, « Première Information », mai 2007 N° 19-1) leur donne en cumulé : 43,9 %. La CGT et la CFDT ne recueillent qu’une majorité relative. C’est pour cela que le texte est « une position commune » et non « un accord interprofessionnel » qui serait contes table par les non signataires (2 contre 3). M. Xavier Bertrand va appliquer un texte minoritaire sans valeur juridique, mais avec une signification politique
incontestable.
De tout cela nous devons retenir qu’une seule chose. Nous avons l’obligation et le devoir de réussir les élections Prud’homales, le succès est au-delà de 8 %. Nous savons tous qu’en matière politique, le fait finit toujours par l’emporter sur le droit, qui lui finit par s’adapter. A nous de nous donner les moyens du succès.
Luc Martin-Chauffier
POSITION COMMUNE CGT CFDT : 43,9 %
Elections prud’homales, un impératif : gagner
Le moins bon résultat de l’UNSA en 2002 a été dans l’industrie avec 136 listes présentées sur 271 possibles et 2,54 % des voix. En 2008, nous devons dépasser largement dans cette section les résultats de 2002 tant en nombre de listes qu’en voix. Les unes dépendent des autres. L’industrie est la clef du succès ou de la défaite. En 2002, la moyenne UNSA hors industrie a été de 6,36 % des voix.
Toutes les confédérations et les syndicats à vocation nationale vont faire le maximum pour prouver qu’ils sont représentatifs.
Les uns, CGT CFDT ayant pour but de pousser les autres hors du circuit, les autres vont chercher à passer la rampe des 8 %.
Il est important que les organisations syndicales les plus fragiles fassent un bon résultat afin de permettre, après le test national, d’envisager l’avenir dans une perspective de construction d’une offre syndicale nouvelle et différente du modèle CGT CFDT.
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