UNSA-Infos - Numéro 462

Publié le par olivier



UNSA-Infos - Numéro 462 - 17 mars 2009


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Résultats d’élections professionnelles

Lors des élections des DP qui se sont déroulées le 10 mars à la caisse de prévoyance et de retraite de la SNCF, l'UNSA passe de 12% tous collèges confondus lors du précédent scrutin DP à plus de 26%.

L'UNSA talonne la liste commune FO/CFDT/CFTC. La CGT, elle, demeure largement en tête (42%).

L'UNSA obtient 2 sièges

Au final, il ne reste que trois syndicats représentatifs à la CPR au sens de la loi du 20 août 2008 : CGT, FO et UNSA. C'est encourageant à quelques jours des grandes élections professionnelles de la SNCF.



L’UNSA signe la pétition pour revenir sur les exonérations de charges
sur les heures supplémentaires.

Samedi 14 mars, une pétition lancée par Alternative Économique en partenariat avec Marianne a été lancée pour demander la suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.

La situation économique et sociale ne permet pas de conserver un dispositif qui coûte près de 4 milliards d’euros pour 90 000 emplois temps plein. C’est la raison pour laquelle l’UNSA a été parmi les premières à signer la pétition.

Vous pouvez la consulter et soutenir cette action sur le site www.alternatives-economiques.

 

L’UNSA préoccupée par l’avenir socioprofessionnel des 16-25 ans

Quand la situation de l’emploi se dégrade, comme c’est le cas actuellement, les premiers touchés sont les salariés précaires, au premier rang desquels nous trouvons les femmes et les jeunes.

Près d’un million de jeunes de 16 à 25 ans sortis des études (1 sur 5 sans diplôme ni formation), sont en contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim à temps partiel, en contrat aidé, au chômage ou en dehors du marché du travail et connaissent le plus fort taux de pauvreté.

Cette situation préoccupe fortement l’UNSA car la jeunesse est porteuse de l’avenir de notre société.

Les politiques menées depuis 25 ans au niveau de l’insertion des jeunes n’ont pas produit les effets escomptés. Les dispositifs cloisonnés, segmentés selon les publics ont conduit l’action publique à se transformer en « mille feuilles » indigeste tant pour les acteurs que pour les bénéficiaires des dites mesures.

L’UNSA souhaite une prise en charge multi –dimensionnelle tant au niveau scolaire qu’au moment de l’insertion professionnelle. Quelques exemples : en matière de santé, lutte contre les pratiques addictives, lutte contre l’anorexie ; en matière de logement, en concrétisant la garantie des risques locatifs ; dans le secteur transport en facilitant l’accès à l’examen du permis de conduire afin d’avoir un atout de plus pour la recherche d’emploi…

En ce qui concerne l’orientation, celle-ci se pose tout au long de la vie (scolaire, universitaire, premier emploi, dans l’emploi, retour à l’emploi). Elle ne peut se faire par défaut ou seulement orientée vers les métiers « en tension » car cela ne répond pas toujours aux attentes des jeunes et à leur formation initiale. L’orientation nécessite des lieux d’information pouvant conseiller les jeunes selon leurs aptitudes, leurs aspirations et non pas seulement selon les besoins du moment du marché du travail. L’orientation s’inscrit dans la durée.

L’accès des jeunes à l’emploi de qualité nécessite une réflexion approfondie car quelque soit le niveau de bagage académique et même avec un niveau élevé, on commence à constater des difficultés d’accès à l’emploi.

La formation en alternance donne des résultats positifs mais reste trop modeste au regard des enjeux. Les dispositifs d’alternance ont besoin d‘être soutenus et amplifiés notamment par le SPE qui doit s’appuyer sur les Maisons de l’emploi, les confirmant ainsi dans leur rôle au sein des territoires.

Voici donc quelques points que L’UNSA aurait souhaité développer auprès du Haut Commissaire à la Jeunesse, s’il nous avait reçus.



Votation citoyenne : succès de la réunion publique du 5 mars 2009

L’UNSA a participé à la réunion publique organisée par le collectif « Votation citoyenne » le 5 mars dernier à la mairie du 11ème à Paris.


Plus de 250 personnes se sont déplacées et ont fait de ce rendez-vous un vrai succès.

En ce jour anniversaire du suffrage universel en France (5 mars 1848), dix-huit intervenants associatifs, syndicaux et politiques ont rappelé le caractère essentiel de cette exigence démocratique qu’est le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers extracommunautaires. En effet, les résidents étrangers venant de pays de l’Union européenne ont déjà ce droit, ce qui montre que l’on peut disjoindre le droit de vote et la nationalité française.

L’UNSA, membre du collectif « Votation citoyenne », a donc insisté sur la nécessité de reconnaître la citoyenneté de résidence. En effet, l’immigration reste une immigration familiale au sens large. Or, cette immigration a vocation à rester durablement en France. Les résidents paient des impôts et des cotisations sociales. Pour nous, l’intégration est un mouvement qui s’opère dans les deux sens. Celui du migrant et celui du pays d’accueil. Notre pays s’honorerait d’accorder au plus vite le droit de vote et d’éligibilité aux étrangers extracommunautaires.

En outre, il faut donner un sens au parcours d’intégration : de l’accueil jusqu’à l’accession à la nationalité française pour ceux qui le souhaitent ou à une proposition de participation citoyenne liée à la résidence en octroyant le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales.

Dans cet esprit, la démocratie sociale est en avance sur la démocratie politique puisque tous les salariés étrangers peuvent voter et être élus délégué du personnel ou au comité d’entreprise.

Quant aux élections prud’homales, ils ont le droit de vote mais ne sont toujours pas éligibles. C’est un autre combat !

Deux propositions concrètes ont été avancées : une pétition européenne pour obtenir une directive et une pétition pour un référendum d’initiative populaire.

L’UNSA trouve ces deux propositions intéressantes et souhaite qu’elles soient examinées lors de la prochaine réunion du collectif.



Rapport européen sur la protection sociale et l’inclusion sociale

La politique sociale a un rôle essentiel à jouer

L’UNSA constate que le rapport annuel sur la protection sociale et l’inclusion sociale en Europe, présenté le 5 mars dernier par la Commission européenne et le Conseil, dresse un bilan bien décevant qui va s’aggraver avec la crise actuelle. Afin de lutter contre les conséquences sociales de celle-ci et de contribuer à la reprise économique, l’UNSA préconise, avec la Confédération européenne des syndicats (CES), de s’appuyer sur la solidarité et de faire jouer pleinement leur rôle d’amortisseurs sociaux aux systèmes de protection sociale. En effet, comme l’affirme le rapport, la politique sociale a un rôle essentiel à jouer. Il revient au Conseil européen des 19 et 20 mars prochain de passer aux actes.

C’est le volet social de la stratégie de Lisbonne qui est en échec. Ainsi 16% des Européens sont toujours exposés au risque de pauvreté et les enfants le sont encore davantage (19%). La situation ne s’est pas améliorée depuis 2000. Le taux de travailleurs pauvres atteint 8% ce qui souligne la précarité des emplois dans l’Union européenne. Certes la création d’emplois a contribué à faire reculer la proportion de ménages sans emploi de 10,2% en 2005 à 9,3% en 2007, mais n’a bénéficié à ceux avec enfants que de manière marginale.

Le rapport pointe également la situation défavorisée des Roms, la question de l’intégration des personnes handicapées, le problème grave des sans-abri, les inégalités en matière de santé et le surendettement.

A propos des régimes de pension privés, le rapport concède que certains retraités pourraient devoir se contenter de revenus inférieurs à leurs attentes et que les régimes par capitalisation devront être repensés. Le propos est mesuré mais l’aveu est évident.

Par ailleurs, le rapport souligne que les inégalités au regard de l’état de santé et de l’espérance de vie persistent entre les différents groupes socioéconomiques et les différentes régions. Les données montrent qu’il existe une corrélation manifeste entre la maladie et la pauvreté.

Le rapport vante les mérites de la méthode ouverte de coordination (MOC) mais celle-ci est appliquée depuis le début des années 2000 avec les résultats que l’on sait. Aussi, l’UNSA considère que cette méthode a montré ses limites et qu’il faut recourir désormais à un pacte social communautaire avec des objectifs contraignants.

Il est temps que les États membres aient une vraie ambition sociale pour l’Europe, notamment à la veille de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (2010).



Sommet du G20 à Londres : «Les salariés d’abord ! »

L’UNSA participera à la grande manifestation organisée à Londres le 28 mars prochain, par une coalition d’organisations de la société civile au sein de laquelle la Confédération syndicale britannique (TUC) tient une place importante.

Cette grande manifestation qui prendra la forme d’une marche et d’un rassemblement, intervient à la veille du Sommet du G20 du 2 avril.

Ainsi, le but de cette initiative est de souligner auprès des responsables des 20 pays les plus industrialisés ou émergeants l’urgence d’une action appropriée et efficace visant à lutter contre les difficultés causées par la récession et à trouver des solutions à la crise financière et économique pour le nord et le sud qui aillent dans le sens d’un développement durable. Il s’agit de dénoncer les gouvernements, les entreprises et les institutions internationales qui ont imposé un modèle de dérégulation financière encourageant les profits à court terme, l’instabilité, une économie fondée sur l’endettement et une dégradation de l’environnement. Il n’est pas question de recommencer comme avant : la seule façon de reconstruire l’économie mondiale est de procéder à une répartition juste des richesses avec des emplois décents et des services publics pour tous, de mettre fin aux inégalités et de développer une économie pauvre en carbone. La récession ne doit pas être une excuse pour repousser les décisions.

Nous allons mettre la pression sur le G20 afin d’en finir avec le néolibéralisme pour s’engager résolument dans un monde nouveau.

Trois revendications prioritaires seront portées à cette occasion :

- des emplois décents et des services publics pour tous ;

- éradiquer la pauvreté et les inégalités ;

- bâtir une économie verte.

« Les salariés d’abord ! – Marche pour l’emploi, la justice et le climat » tel est le slogan de la manifestation.


G20 : les syndicats exigent la présence de l’OIT

L’Organisation internationale du travail (OIT) n’a pas été invitée au G8* des ministres des finances du 14 mars dernier. Elle ne l’est pas non plus à celui des ministres du travail du 29 à Rome ni, plus grave, au G20 du 2 avril prochain à Londres. Pourtant, ce dernier sommet est censé aboutir à des solutions concrètes de sortie de crise. Pour l’UNSA et les organisations syndicales internationales réunies à Paris du 10 au 12 mars dernier, une grande partie des solutions doit s’imposer au niveau mondial, comme la crise que nous connaissons. Cependant celle-ci n’est plus seulement économique et financière, elle est aussi sociale. Les syndicats sont donc particulièrement inquiets de constater le rôle central dévolu au FMI, dont la « réforme » n’est qu’évoquée et qui continue à imposer des conditions inacceptables à ses prêts. Celles-là mêmes qui, avant que la crise n’éclate, n’ont fait qu’aggraver la situation déjà critique des pays emprunteurs et les ont parfois conduits à renoncer. Parallèlement, l’OIT a préparé ses propres propositions visant à prendre en compte la gravité de la situation sociale, face surtout aux perspectives particulièrement angoissantes de la hausse prévue du chômage.

L’UNSA soutient donc fermement la demande des organisations syndicales internationales pour exiger la présence de l’OIT aux différents sommets.

Avec elles, l’UNSA rappelle que les travailleurs n’ont pas à payer les conséquences de cette crise dont ils ne sont pas responsables. Elle dénonce les risques à vouloir résoudre une crise de surendettement par encore plus d’emprunts. Elle réclame donc la mise en œuvre d’une politique de soutien à la demande intérieure de chaque pays utilisant entre autres les possibilités offertes par une fiscalité redistributive. Elle dénonce également le risque de ne rechercher des solutions de réglementation que dans le domaine financier, bien sûr totalement indispensables, renvoyant à la flexibilité du marché du travail le soin d’assurer les conditions de la reprise. Dans un « Répertoire des instruments de politiques économiques » mobilisables face à la crise, l’OCDE ne mentionne ni l’emploi ni le chômage comme objectifs alors que ses prévisions économiques en font un sujet central de préoccupation et que ses propres recommandations préconisent le maintien des salaires et de la protection sociale.

Les syndicats sont convaincus que la mobilisation des salariés est plus que jamais nécessaire devant la tentation, notamment de l’OCDE, de régler cette crise comme n’étant qu’une variante, certes plus accentuée, des crises conjoncturelles que le monde a déjà connues dans les années 70.


* Le G8 réunit l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni, la Russie. Étendu en G20 il s’augmente de 11 économies émergentes (Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie) et d’un représentant de l'Union européenne.

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