Rentrée morose

Rentrée morose pour les syndicats. Tous estiment que le patronat et le gouvernement ont peu répondu à la revendication d'un "changement de cap" face à la crise, posée lors des cinq journées de mobilisation nationale organisées depuis janvier. Pourtant, l'unité semble très difficile à maintenir, même si la CGT propose une nouvelle date d'action interprofessionnelle le 7 octobre.
"La CGT a souhaité que la prochaine réunion intersyndicale ait lieu rapidement", a déclaré le secrétaire général de cette confédération Bernard Thibault jeudi lors de sa conférence de presse de rentrée au siège du syndicat à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
"Nous proposerons notamment de faire du 7 octobre la prochaine journée de mobilisation unitaire interprofessionnelle", a-t-il ajouté. Reste que les syndicats, qui ont peiné à mobiliser lors de la dernière journée de manifestations du 13 juin, ne sont toujours pas parvenus à s'entendre sur une date de nouvelle rencontre.
Le 6 juillet, une réunion intersyndicale s'est déjà tenue dans la plus grande discrétion, sans aboutir à une décision ni sur la suite, ni sur une nouvelle date de réunion.
Il faut dire qu'à l'occasion des manifestations du 13 juin (qui avaient mobilisé 150.000 personnes dans toute la France contre 1,2 million le 1er mai, ou encore 2,5 millions le 29 janvier, de source syndicale), FO et la CGT affichaient clairement des positions divergentes quant à la forme à donner à la mobilisation.
"Une voix syndicale a contribué ces derniers jours à semer le doute sur la pertinence de cette mobilisation. Et ce ne sont pas forcément ceux qui prônent les formes les plus radicales d'action qui, sur le terrain, s'engagent au plus haut niveau aux côtés des salariés", avait grincé Bernard Thibault face aux critiques de FO qui déplorait les journées d'action "saute-mouton", et souhaite toujours un mot d'ordre national de grève générale.
"Il y a des contacts pour une date mais on n'a pas encore trouvé. On est dans l'expectative", a expliqué le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) Gérard Aschieri jeudi à l'Associated Press.
"L'unité est difficile à tenir. D'abord parce qu'il y a des divergences sur les formes de mobilisation mais aussi en raison de la difficulté à mobiliser dans cette période de crise. Et puis il y a aussi les conséquences des nouvelles règles de représentativité qui commencent à se faire sentir au niveau de certaines organisations", a-t-il ajouté.
Même sur la plateforme commune, qui comporte de nombreuses revendications allant de la hausse du SMIC à la répartition des richesses en passant par une meilleure indemnisation du chômage, les positions commencent à diverger.
"Avant les moyens de pression, il faut se mettre d'accord sur les cibles à atteindre. Est-ce qu'on reste sur un cahier des charges très général ou est-ce qu'on se donne des priorités? Tout ça c'est à discuter", a expliqué jeudi à l'Associated Press Gabrielle Simon, de la CFTC.
Et pour le secrétaire général de l'UNSA, Alain Olive, "il faut faire de la question de l'emploi la question centrale", et débattre "d'autres sujets", afin d'avoir une position intersyndicale sur le grand emprunt ou encore la "taxe carbone".
"Quant à l'action", estime-t-il, "aujourd'hui, à l'UNSA, on ne croit pas que les conditions d'une mobilisation importante soient réunies. Ni la grève que veut FO, ni les grandes journées interprofessionnelles qu'il y a eu ne semblent pertinentes. Donc il faut en débattre". AP
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